Comprendre l'hormone LH règle à peu près toutes les questions que l'on se pose sur la testostérone : pourquoi elle baisse, pourquoi un produit extérieur la fait chuter, pourquoi la récupération après un cycle prend des mois, et ce que veut dire un bilan sanguin. C'est un circuit à trois étages, avec un système de régulation automatique. Une fois qu'on l'a en tête, le reste s'explique tout seul.
Au sommaire
Hormone LH, testostérone : le circuit à trois étages
La production de testostérone n'est pas décidée par le testicule. Elle est commandée depuis le cerveau, par une chaîne que l'on appelle l'axe hypothalamo-hypophyso-gonadique.
Premier étage, l'hypothalamus. Il libère de la GnRH, l'hormone de libération des gonadotrophines, par impulsions régulières espacées d'une à deux heures. Ce rythme pulsatile est essentiel : une libération continue épuiserait le récepteur au lieu de le stimuler.
Deuxième étage, l'hypophyse. Elle reçoit ces impulsions et répond en libérant deux hormones dans le sang, la LH et la FSH. La LH, ou hormone lutéinisante, est celle qui nous intéresse ici.
Troisième étage, le testicule. La LH se fixe sur les cellules de Leydig, qui fabriquent alors la testostérone à partir du cholestérol. En parallèle, la FSH agit sur les cellules de Sertoli et pilote la production de spermatozoïdes.
Retenir ceci : la LH est le signal de commande, la testostérone est le produit. Un testicule parfaitement fonctionnel ne produit rien s'il ne reçoit pas d'ordre.
Le rétrocontrôle, le thermostat du système
La chaîne ne fonctionne pas à sens unique. La testostérone qui circule dans le sang est détectée en permanence par l'hypothalamus et l'hypophyse. Quand le taux monte, la GnRH et la LH diminuent. Quand il baisse, elles augmentent. C'est exactement le principe d'un thermostat.
Une partie de ce signal passe d'ailleurs par l'oestradiol, issu de la conversion de la testostérone par l'aromatase, ce qui explique qu'un excès de masse grasse pèse sur l'ensemble du circuit : plus d'aromatase, plus d'oestradiol, donc un signal de freinage plus fort.
Ce thermostat ne fait aucune différence entre une hormone fabriquée par le corps et une molécule venue de l'extérieur. Il mesure ce qui occupe le récepteur, un point c'est tout. Cette absence de discernement est le mécanisme central de tout ce qui suit.
Hormone LH, testostérone : lire un bilan en quatre profils
Un dosage de testostérone seul ne dit presque rien. C'est la combinaison avec la LH qui oriente, et elle donne quatre situations très différentes.
| Testostérone | LH | Ce que cela indique | Pistes |
|---|---|---|---|
| Normale | Normale | Axe fonctionnel | Chercher la cause des symptômes ailleurs : sommeil, thyroïde, fer, moral |
| Basse | Basse ou normale basse | Hypogonadisme central : la commande ne part pas | Déficit calorique, surentraînement, prise antérieure d'androgènes, atteinte hypophysaire |
| Basse | Élevée | Hypogonadisme périphérique : l'ordre part mais le testicule ne suit pas | Atteinte testiculaire, séquelle, cause génétique |
| Normale | Élevée | Le testicule compense au prix d'une commande renforcée | Situation à surveiller, souvent un stade précoce du profil précédent |
Deux précautions de prélèvement rendent le résultat exploitable : faire la prise de sang le matin, la testostérone suivant un cycle sur vingt-quatre heures avec un maximum au réveil, et la refaire une seconde fois avant de conclure, la variabilité d'un jour à l'autre étant importante.
Testostérone totale, libre et SHBG
La testostérone circule sous trois formes. Une partie est liée fortement à la SHBG, une protéine de transport, et n'est pas utilisable. Une autre est liée faiblement à l'albumine. Une petite fraction, environ 2 %, circule libre et agit sur les tissus.
C'est pour cela qu'un homme peut avoir une testostérone totale correcte et des symptômes de manque : si sa SHBG est élevée, la fraction réellement disponible est faible. Doser la testostérone libre, ou la calculer à partir de la totale et de la SHBG, évite ce contresens.
Ce mécanisme éclaire aussi l'action du fenugrec, l'un des rares actifs végétaux dont les essais rapportent un effet : il n'augmente pas la production, il agit sur la fraction libre.
Ce que fait un apport extérieur
Tout ce qui précède permet de comprendre en une phrase pourquoi les SARMs et les stéroïdes anabolisants suppriment la production naturelle.
Une molécule extérieure occupe le récepteur aux androgènes. Le thermostat cérébral détecte un excès, réduit la GnRH, donc la LH s'effondre, donc les cellules de Leydig cessent de produire. Le testicule diminue de volume faute de stimulation, et la spermatogenèse, qui dépend d'une concentration locale élevée en testostérone, s'arrête également.
Dans l'essai de phase I sur le ligandrol, cette chute était déjà de plus de la moitié après trois semaines à 1 mg par jour, soit la plus faible dose ayant montré un effet musculaire. Il n'existe pas de fenêtre où l'un se produirait sans l'autre : c'est le même mécanisme.
À l'arrêt, le circuit doit redémarrer étage par étage : la GnRH doit retrouver son rythme pulsatile, l'hypophyse relibérer de la LH, et les cellules de Leydig se réactiver. C'est cette remise en route en cascade qui explique des délais de plusieurs semaines à plusieurs mois, et l'existence de la pratique dite de relance, qui consiste à forcer le premier étage avec du tamoxifène ou du clomifène.
Hormone LH, testostérone : soutenir l'axe plutôt que le couper
La différence entre les deux approches se lit directement sur ce schéma. Un SARM ou un stéroïde entre par le bas, occupe le récepteur, et le thermostat coupe la commande. Un booster à base de plantes agit en amont, sur la production ou sur la fraction disponible, sans jamais faire croire au cerveau qu'il y a excès. Le thermostat continue de fonctionner.
C'est aussi pour cela que l'effet d'un booster est modeste : il travaille avec le système au lieu de le remplacer, et le système, lui, régule. Personne ne devrait promettre autre chose. En contrepartie, il n'y a ni suppression, ni relance, ni délai de récupération à gérer.
Les leviers qui agissent réellement sur cet axe, du sommeil aux micronutriments, sont classés par ordre d'efficacité dans notre guide augmenter sa testostérone.
Soutenir l'axe hormonal plutôt que le court-circuiter
Contrairement à une molécule exogène qui éteint la LH, un complément laisse l'axe fonctionner. Quatre actifs dosés, fabriqués en France.
- Pollen de pin 300 mg
- Shilajit titré à 80 % d'acide fulvique 300 mg
- Fenugrec 200 mg
- Spilanthes acmella 200 mg
Fabriqué en France · 60 capsules · deux gélules le matin. Un complément alimentaire ne remplace ni un diagnostic ni un traitement.